La nuit solidaire pour le logement voulue et organisée par les 27 associations unies dont les Enfants de Don Quichotte, la Fondation Abbé-Pierre, Emmaüs, ATD Quart Monde, la Fnars et le Secours Catholique aura finalement réuni 1 800 personnes selon la police et près de 10 000 selon les organisateurs dont de très nombreuses du monde associatif. D’une voix unie, les associations ont réitéré leur mécontentement face à l’insuffisance des engagements pris par le gouvernement le 29 janvier dernier. Toutes ont voulu montrer leur union pour dénoncer des «mesures qui ne sont pas de nature à fluidifier l’ensemble d’une chaîne qui commence avec l’hébergement mais va jusqu’au logement.» Agrafée aussi la modestie de l’enveloppe financière de 250 millions d’euros décidée par le premier ministre François Fillon « trop modeste par rapport à l’ensemble des besoins évalués à 1,5 milliard d’euros ». Concerts, prises de paroles se sont succédés jusqu’à deux heures du matin… Drapées dans leur couverture de survie, les trois statues de la place de la République s’érigeaient en égérie de la citoyenneté. A leurs pieds, quelques citoyens courageux passaient une nuit dehors en signe de solidarité avec les plus pauvres. On le sait bien depuis le sondage Bva-Emmaüs- l'Humanité-la Vie, paru en décembre 2006, à la question cruciale «Pensez-vous que vous puissiez devenir un jour SDF ?», près de la moitié (48 %) des personnes questionnées avait répondu : «Oui, cela pourrait m'arriver» ou «Oui, c'est très possible». Ce matin, l’AFP relayait l’hommage de la Ministre du logement, Christine Boutin, pour qui : «personnellement, à chaque fois que l’on peut mobiliser nos petits conforts par rapport à ceux qui sont dans la précarité, ça ne peut que m’aider dans l’action que j’essaie de mener au sein du gouvernement». Les associations se disaient elles aussi satisfaites. Soumises aux citoyens, la pétition exigeant le droit au logement pour tous a été signée par plus de 4 000 personnes.
Au total notre pays compte au moins 86 000 sans abri et plus de 3 millions de personnes mal-logées. |