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Clair obscur à La Ciotat
mise en ligne : 08-11-2007

La situation est paradoxale. Alors que la densité du parc HLM de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur n’atteint pas 6 logements pour 100 habitants, elle est proche de 10 pour cent à La Ciotat, niveau comparable à celui des régions les mieux dotées. Ce patrimoine est hérité de près de deux cents ans de grands chantiers navals (1800-1987). Pourtant, la cité chère aux frères Lumière* totalise 1 400 demandes de logements HLM en attente.

Pascal Moriconi, responsable du service Logement et habitat de la ville, donne à cela plusieurs raisons : un taux de rotation très faible dans le parc social existant – seuls 91 logements ont changé de main en 2006 – et une demande originaire d’autres régions… l’effet soleil, sur une ville réputée “faire du logement social”. Environ 200 nouveaux logements sociaux sont prévus à terme par la Ville. De plus, un quota de 20 à 50% de logements sociaux est imposé par le Plan local d’urbanisme dans certains programmes immobiliers. En outre, 160 logements en “accession aidée” sont programmés. Ils devraient être vendus entre 2 100 et 2 500 euros par mètre carré, très en dessous des prix du marché.
Big zéro. Mais en attendant, le logement social de La Ciotat ressemble à un “big zéro”, selon un habitant aidé par l’association “Habitaction” à rénover un appartement dégradé du centre-ville. Il l’occupe aujourd’hui avec sa femme et ses deux enfants. « 80 à 85 % du centre est en piteux état », précise Daniel Gosselaire, président de cette association qui assure la rénovation d’une quinzaine d’appartements par an pour des familles modestes. Des centaines d’autres ne peuvent pas décemment être loués ou le sont… seulement pendant trois semaines en été.
« 10 % du total des logements sont considérés comme insalubres », reconnaît la mairie. Lourd héritage, tombé en déshérence, des glorieux chantiers navals, survivance d’une époque où l’on peignait les chambres – parfois dépourvues de fenêtre – avec le bain industriel des bateaux. La renaissance des chantiers avec l’entretien et la réparation des grands navires de plaisance ajoute à la pression exercée sur l’habitat. Mais elle a sa contrepartie positive : elle a pesé sur le plan de réhabilitation de 235 logements du centre, lancé par la mairie avec la société d’économie mixte Marseille Aménagement.

François Tcherkessov

* Auteurs en 1895 d’un des premiers films du cinéma français : L’arrivée du train en gare de La Ciotat.

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crédit : Elodie Perriot / SC
La renaissance des chantiers navals de La Ciotat pèse sur le logement.


 
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