À 21 ans, Aline a fait face à l’événement le plus redouté des enfants : la disparition d’un parent. Elle a pris d’énormes responsabilités pour protéger ses frères et sœurs et éviter le placement du plus jeune. Aline s’est trouvée propulsée chef de famille à 21 ans, par le décès de sa mère. La disparition d’un parent est le drame le plus redouté des enfants qui ont témoigné à l’occasion des statistiques 2008 du Secours Catholique. En l’absence de son père divorcé, Aline a pris en charge ses frères et sœurs dans la maison familiale, près du Havre. Elle s’est, de plus, farouchement opposée au placement en famille d’accueil de son plus jeune frère, Guillaume, 11 ans. Soutenue par son ami, elle a obtenu gain de cause devant la justice « grâce, dit-elle, au dossier costaud mis au point avec l’assistante sociale ». Les deux salaires du jeune couple et le logement qu’ils ont trouvé ont dû peser favorablement dans la balance de la justice. La garde de Guillaume a été confiée à Aline pour deux ans.
La structure familiale, en effet, a éclaté à cause de la vente de la maison. La sœur aînée d’Aline est partie vivre avec un compagnon, et leur frère handicapé a été recueilli par leur grand-mère. La famille étendue n’a pas voulu garder cette maison. Il ne restait que trois ans de crédit à payer, mais il n’y avait pas d’assurance-décès sur l’emprunt et un plan d’apurement des dettes de 50 000 euros était en cours. Les donateurs de Messages ont été appelés à un “coup de pouce” de 2 000 euros, pour aider à payer les 3 500 euros de frais d’obsèques. Aujourd’hui, la situation se complique du fait qu’Aline attend un heureux événement, prévu pour le mois prochain. « L’arrivée d’un enfant bouleverse toujours l’équilibre familial », analyse Dominique Saint-Macary dans son dossier statistique. Pour Aline, la recherche d’un appartement plus grand s’avère difficile… « Ensuite, l’équilibre se rétablit », observe la responsable des statistiques au Secours Catholique.
F.T. |