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Le continent de tous les fléaux
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Des apaisements notables ont dernièrement marqué le continent africain. Plusieurs conflits majeurs ont pris fin, comme en Sierra Leone et au Liberia, et entre l’Érythrée et l’Éthiopie. L’Angola a confirmé son retour à la paix après vingt-sept ans de guerre civile. Au Sénégal, les indépendantistes casamançais et le gouvernement ont signé un accord de paix.

Tout au long de l’année, les dialogues entre les États se sont multipliés ; des initiatives sur la sécurité des pays, sur le développement, ont vu le jour. Des pays confirment leur stabilité, comme l’Afrique du Sud, où a émergé une démocratie marquée par la gestion exemplaire de sa politique post-apartheid.

Il apparaît cependant difficile de pratiquer l’afro-optimisme tant ces avancées sont fragiles. Au Soudan, par exemple, les accords de paix conclus après vingt-trois ans de guerre, au sud du pays, n’ont pas permis de résoudre le conflit opposant, à l’ouest, les milices progouvernementales à la population du Darfour. Un conflit qui a engendré, depuis trois ans, environ 300 000 morts, et deux à trois millions de déplacés et réfugiés. En Côte-d'Ivoire, l’accord de cessez-le-feu entre forces gouvernementales et indépendantistes a été rompu. Les événements ont opposé militaires français et civils ivoiriens, et entraîné le rapatriement de 8 000 ressortissants français. Dans la région des Grands Lacs, onze ans après le génocide rwandais, la situation reste instable : tandis qu’au Burundi des accords de paix ont été signés entre le gouvernement et les forces rebelles, au Kivu, dans l’est de la RDC (République démocratique du Congo), les combats ont repris. De nombreuses exactions, parmi lesquelles le viol utilisé comme arme de guerre, sont à l’origine de traumatismes durables.

La déliquescence des États engendre une dégradation des services sociaux de base, tels que l’éducation et la santé. On assiste au retour de maladies que l’on croyait en voie de résorption : la poliomyélite, la tuberculose…. Le sida continue ses ravages, à défaut de mesures internationales efficaces.

Face à ces situations de détresse, des résistances passives se développent au sein de la société civile. Les forums sociaux, l’information sur les problématiques mondiales de gestion des ressources et les efforts d’organisation des mouvements associatifs sont porteurs d’espoirs. Les Églises exercent une fonction capitale pour le renforcement de la société civile. Elles agissent au cœur des situations d’exclusion et de conflits. Elles œuvrent pour la justice et la paix, la réconciliation et la défense des droits de l'homme.

Le Secours Catholique s’est engagé l’an dernier dans 23 pays africains pour un montant de 4,9 millions d’euros en intégrant les interventions d’urgence. L’association s’est particulièrement investie dans cinq pays : la RDC, le Sénégal, Madagascar, la République Centrafricaine (RCA) et le Soudan, où elle soutient les Caritas nationales et diocésaines, ainsi que d’autres structures d’Église comme les commissions Justice et paix. Le Secours Catholique a également participé à la mise en place, au Cameroun, d’un programme novateur d’accès aux traitements anti-rétroviraux (ARV) pour les femmes enceintes séropositives.


 
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