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Inde - Un avenir assuré
mise en ligne : 01-10-2008

Dans le Tamil Nadu, 87 % des activités sont liées à la pêche. Pourtant, l’industrialisation de ce secteur laisse de nombreux hommes sans emploi. Dans la ville portuaire de Tuticorin, la croissance est au rendez-vous mais ne profite pas à tous. Avec l’appui du Secours Catholique, le centre de formation professionnelle Ignatitus Industrial School propose aux jeunes des communautés marginalisées un avenir dans d’autres secteurs florissants.

Sous le soleil écrasant du mois de mai, penché sur une moto dans un hangar, le front en sueur, un jeune homme offre à coups de tournevis et de marteau une nouvelle vie au véhicule dont le carénage ne laisse aucun doute sur son ancienneté. Plus loin, sous le toit de tôle ondulée, trois jeunes hommes en blouse bleue, les manches relevées et un chiffon autour du cou, s’affairent à la réparation du moteur. Dans quelques jours, la moto pourra de nouveau sillonner les routes du Tamil Nadu, État du sud de l’Inde. Mais elle devra attendre encore un peu avant de faire impression avec sa carrosserie rutilante et son moteur vrombissant. Le temps que les garçons aient terminé la pause repas qui vient d’être annoncée. Âgés de 14 à 22 ans, ils sont étudiants à l’école de formation professionnelle de Tuticorin, ville portuaire du Tamil Nadu dont les côtes font face à celles du Sri Lanka.

Alors que dans l’Inde rurale la majorité des adolescents apprennent un métier en répétant les gestes de leurs pères, certains jeunes de Tuticorin, en majorité issus de la communauté des pêcheurs, n’ont d’autre choix, face à l’industrialisation et l’internationalisation du port, que de s’initier à d’autres métiers. Au centre de formation professionnelle, ils apprennent la menuiserie, l’imprimerie, la métallurgie et la mécanique.

« Les jeunes adolescents que nous formons viennent également de familles de paysans. Mais leur point commun à tous, paysans, pêcheurs ou autres, est la précarité dans laquelle se trouve leur famille. C’est pour cette raison que nous leur donnons une formation gratuite », explique M. Karynanidhi, principal de l’établissement.

Expérience

Répartis en cinq classes de vingt élèves, une centaine de jeunes assistent aux cours financés par le gouvernement. Jakson, lui, a choisi l’imprimerie. L’œil vigilant, il vérifie la qualité de l’impression sur le papier. La moindre tache d’encre, le moindre bloc de texte décalé est repéré et rectifié. Plus qu’une école, le centre de formation fonctionne également comme une petite entreprise et il a de nombreux clients. L’un apporte son ricksaw à réparer, l’autre commande un portail que les étudiants en métallurgie fabriqueront après lui avoir proposé un motif décoratif, un autre encore commande un ensemble de tabourets ou l’impression de son magazine. L’étudiant vit une véritable expérience professionnelle qu’il renforce par un mois de stage dans une entreprise locale.

« À la sortie de leur formation, les jeunes trouvent rapidement du travail et parviennent à gagner 2 000 roupies par mois (environ 30 euros) », ajoute fièrement M. Karynanidhi. Une somme raisonnable qui avoisine le salaire moyen d’un pêcheur indien.

Diversité

Si de vrais professionnels de la mécanique, de la menuiserie ou de la métallurgie sortent chaque année de l’école pour entrer dans le monde du travail, le centre de formation professionnelle souhaite élargir ses compétences. L’année prochaine, les trois bâtiments de l’établissement accueilleront deux nouveaux cours avec le soutien du Secours Catholique : l’électricité et le montage de machines, pour que la jeunesse de Tuticorin voie l’avenir avec un horizon plus large.

Clémence Richard

crédit : G. Kerbaol / SC
Les jeunes du centre Ignatitus Industrial School trouvent rapidement un emploi après leur formation


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