1. Madame Belcitammal, élue de son village
Madame M.Belcitammal Pushparaj âgée de 43 ans est la présidente du Conseil de village Kovalam. Elle a remporté les élections locales en octobre 2006 grâce à un soutien majoritaire des membres d’un groupe d’entraide que l’organisation Marthandam Integrated Development Society (MIDS), partenaire du Secours Catholique, a créé dans son village. Elle témoigne :
“Je viens d’une famille simple. Mon mari, Pushparaj, âgée de 48 ans, et moi, nous avons un tout petit terrain et une maison simple. Je n’ai jamais rêvé de devenir présidente du Panchayat*! Pour les dernières élections, le gouvernement a réservé des places pour les femmes. J’ai pensé alors que c’était une grande opportunité pour moi de me mettre au service de mon village. J’en ai discuté avec les autres membres du groupe et elles étaient très enthousiastes. J’ai gagné par 460 voix. Mon mari, mes cousins et les autres membres de notre groupe me soutiennent.
Parce que je vis dans ce village, je connais les problèmes des gens d’ici. Ma priorité était d’assurer l’accès à l’eau à tous les habitants. J’ai convaincu l’administration du district de faire le nécessaire et ils nous ont accordé une somme de 50 millions de roupies pour les travaux. Ensuite, nous nous sommes occupés de mettre des lampadaires dans les rues de notre village.
Un autre problème majeur est le nombre de familles qui vivent dans des maisons délabrées. J’ai soumis un mémorandum à ce propos à un responsable du district. Après sa visite, il a offert un soutien financier pour construire 110 maisons. Je trouve que cela marque une étape importante.
Une autre réussite dont je suis fière et qui a été couronné par le prix que nous avons reçu pour des installations sanitaires. Nous avons pensé à traiter les déchets également. Tout d’abord, nous avons fourni deux paniers par maison. Un pour les déchets biodégradables et l’autre pour les non-dégradables. Nous avons aussi embauché des gens pour nettoyer les rues et les lieux publics. Les programmes de sensibilisation au recyclage ont été organisés pour les membres des groupes d’entraide et ont rencontré un grand succès.
Nous avons réussi également à aider des handicapés de notre village. Nous leur avons donné des billets de bus gratuits pour 12 d’entre eux ainsi que des cartes d’alimentation (5 familles) et un accès gratuit à l’électricité (30 familles).
J’ai maintenant pris conscience de mes responsabilités. Je sais que je dois énormément à l’organisation qui m’a aidée à comprendre les problèmes et à développer mes qualités de leader et m’a encouragée à servir ceux qui en ont le plus besoin ».
* Conseil élu dans chaque village, chargé de mettre en œuvre un programme
2. Handicap et pauvreté
La province du Tamil Nadu compte 1,7 million de personnes handicapées dont 90% vivent en dessous du seuil de pauvreté. La population rurale est exposée à un manque d’hygiène, à des conditions de santé très dégradées, à l’analphabétisme, au chômage et se bat pour sa survie au quotidien. La naissance d’un enfant handicapé rend cette situation encore plus difficile et entraîne souvent toute la famille vers une plus grande pauvreté.
L’effet cumulé d’une situation sociale difficile et d’une infirmité physique ou-et mentale met souvent une personne handicapée en marge de la société. Dépourvu d’éducation, le handicapé est la plupart du temps exclu du monde du travail et dans l’impossibilité de se marier ou de s’insérer socialement.
St. Joseph’s Development Trust (SDJT), partenaire du Secours Catholique, mène des programmes de réhabilitation dans 15 villages du district de Nagappattinam dans le Tamil Nadu. L’objectif vise à réinsérer les personnes handicapées grâce à des activités socio-économiques : visites à domicile, conseils, rassemblements, formation, ainsi que la création de groupes d’entraide.
Le combat de PATTU
Pattu vit avec sa mère de 60 ans. Elle travaille en vendant de l’idly (nourriture typique locale) et gagne environ 40 Roupies (90 centimes) par jour. Elle fait partie d’un des groupes d’entraide pour les personnes handicapées. Elle témoigne :
« J’ai reçu un grand soutien de la part des autres membres du groupe et du personnel du SDJT. Auparavant, je n’avais jamais été dans une banque. Maintenant, depuis que j’ai rejoint le groupe, je suis capable de faire les transactions toute seule.
J’avais l’habitude de vivre isolée, et je ne pouvais pas partager mes pensées avec d’autres. Maintenant, on parle de nos difficultés et on se console mutuellement. Je suis capable de discuter avec les autres sans aucune peur. Le personnel de SJDT nous encourage à devenir autonome et nous renseigne sur les bénéfices et l’aide que l’on peut recevoir du gouvernement. »
3. Rose Mary ouvre sa boutique
Rose Mary, âgée de 44 ans, vit dans une maison simple. Son mari, T. Sahayaraj, est handicapé mental et incapable d’exercer une activité professionnelle. Ils ont trois enfants mais n’ont pas de ressources régulières. Rose Mary gagne un peu d’argent en vendant les objets artisanaux à la plage de Kanyakumari Beach. Après voir rejoint un groupe d’entraide de l’organisation MIDS, Rose Mary a pu épargner pour la première fois.
“J’assiste à des réunions de groupes régulièrement. J’ai reçu un crédit de 10,000 Roupies (180 €) de l’organisation pour développer mon activité. J’ai pu bénéficier d’une formation sur l’entreprenariat organisée par MIDS. J’ai utilisé le crédit pour commencer la vente mobile. J’ai acheté une charrette à quatre roues. Ma boutique est placée près de la plage Kanyakumari. Dans la haute saison, je peux gagner 150- 200 Roupies (~3€), dans la basse saison, 50-75 Roupies (~1€/1.5€) par jour. Ce soutien financier m’a permis de développer mon commerce. Je suis très contente aujourd’hui. Avec l’argent que je gagne, je suis capable d’acheter des médicaments pour mon mari malade et de la nourriture pour mes enfants. Je voudrais élargir encore la gamme des produits à vendre pour augmenter notre revenu.“
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