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Maroc – Le point de non-retour
mise en ligne : 24-10-2007

Quels que soient l’ambition et les motifs des migrants, le Maroc demeure le point de passage des candidats à l’émigration en Europe pour nombre d’Africains sub-sahariens. Une conférence euro-africaine sur l’mmigration en 2008 visera à améliorer la concertation en matière de flux légaux de personnes entre les deux rives de la Méditerranée.

« Aujourd’hui, c’est couscous à la sénégalaise » annonce Mam à l’entrée. Plat unique et délicieux symbole du mélange de cultures que Mam, originaire de Dakar, servira ce jour-là dans son restaurant en plein cœur du quartier de Takadoum à Rabat. La radio crache de la musique africaine dans la pièce exiguë. Un rideau en calicot isole le coin cuisine où les marmites chantent sur deux réchauds à même le sol.

Mam, jeune femme de 30 ans, est arrivée à Rabat depuis un an. Elle a essayé à quatre reprises de passer. Elle se hasardera de nouveau, sa sœur l’attend en Italie. Alors en attendant, « je ne veux pas me croiser les bras et dépendre de quelqu’un. Si vraiment je n’arrive pas à passer, je repartirai confectionner des amuse-gueule à Dakar et les vendre, » déclare-t-elle.

Deux Sénégalais ont ouvert ce restaurant grâce à un micro-crédit. Après la réussite de leur passage en Espagne, deux autres compatriotes ont repris la suite. Eux ont disparu en mer. Mam est donc la troisième gérante, témoin de la solidarité et de l’entraide des communautés entre elles. Pour les Sénégalais, il était normal que leur compatriote reprenne le flambeau.

Cette femme énergique résume à elle seule la situation de nombre de migrants économiques au Maroc dont plus de 50 % se concentrent à Rabat. La vie y est moins onéreuse qu’à Casablanca la capitale économique. L’effet "boule de neige" du grand nombre de "foyers" informels où se regroupent les communautés et la situation du siège de l’UNHCR à Rabat jouent aussi un rôle indéniable. Les papiers délivrés sont reconnus par les autorités, mais ne garantissent toujours pas la libre circulation comme les rafles de décembre 2006 l’ont montré. L’accord de siège que l’UNHCR va signer très prochainement avec le gouvernement marocain lui confèrera une représentation à part entière. Les demandeurs d’asile seront-ils reconnus et protégés pour autant ? Ce sera tout l’enjeu de cet accord. Bien que les migrations soient un problème mineur au regard des difficultés sociales auxquelles le Maroc est confronté, l’augmentation de plus de 10 % depuis 2005 lui ont imposé la prise en compte de ce phénomène.

Lieu de convivialité et d’insertion

Engagé depuis 2001 dans une action menée auprès des migrants subsahariens, Caritas Maroc en partenariat avec EuropeAid et le Secours Catholique, a ouvert un nouveau Centre d’accueil de migrants à Rabat. L’activité du centre repose sur trois volets (accueil-écoute, médico-social, éducation) répondant aux besoins et attentes de cette population.
L’accueil des migrants est devenu prioritaire pour les Caritas d’Europe*, confrontées tous les jours à leur situation de pauvreté. Dans les pays d’origine ou de transit, les Caritas misent sur les formations professionnelles pour lutter contre les migrations forcées, la traite et le trafic d’êtres humains et laisser ainsi le libre choix aux hommes et femmes qui préfèrent quitter leur pays plutôt que d’y vivre.

•    Télécharger Migration, un passeport pour la pauvreté ?
•    Migration, un passeport pour la pauvreté ? Caritas Europa – 2006, est également téléchargeable en anglais, espagnol, italien, russe et allemeand sur le site : www.caritas-europa.org

Emmanuelle Dethomas

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crédit : D.R.
Bénéficiaire d'un micro-crédit, Mam accueille une vingtaine de clients par jour.


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