La première réunion du groupe de travail mis en place par la Conférence d'Annapolis le 27 novembre 2007, se tiendra le 12 décembre. Malgré la lassitude des populations devant tant d'engagements non tenus, elles en attendent des signes forts pour soulager leur souffrance. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas se sont mis d’accord et ont signé un texte commun qui a permis d’ouvrir la réunion sur la paix au Proche-Orient organisée à Annapolis dans l’Etat du Maryland aux Etats-Unis le 27 novembre. Les deux parties ont accepté de « s’engager dans des négociations vigoureuses et continues et de faire tous les efforts pour parvenir à un accord avant la fin de 2008 » selon les termes du communiqué final. Les deux parties se sont également engagés à appliquer la feuille de route proposée par le Quartet le 30 avril 2003, dix ans après le processus de paix d’Oslo en 1993 dont on connaît les échecs. La feuille de route prévoit la solution de deux Etats. La première réunion du groupe de travail est fixée au 12 décembre. Au-delà des discours, des mesures concrètes et des actes tangibles sont attendus par les populations. Levée des barrages, libération des prisonniers, arrêt des tirs de Kassam sur Israël, arrêt de la construction du mur et de la colonisation, seront autant de signes forts qui rendront espoir, « changeront l’ambiance et marqueront l’opinion publique de la volonté d’arriver à une solution », déclare Hind Khoury, déléguée de l’Autorité palestinienne en poste à Paris. Les deux ou trois mois suivant la réunion d’Annapolis où « ils sont convenus qu’ils devaient se mettre d’accord » se révèleront critiques et déterminants. Peut-être pour la première fois, la convergence d’intérêts entre Israéliens et Palestiniens autorise quelque espoir. Les Israéliens, ébranlés par la guerre de juillet-août 2006 contre le Hezbollah, savent bien que la deuxième Intifada, même si elle a tourné à leur avantage, les a épuisés, sous le regard du Hamas, prêt à transformer Gaza en "Hamastan", comme le Sud-Liban a été transformé en "Hezbollahland"*. Les Palestiniens savent qu’ils n’ont d’autre choix que de retrouver une unité avec le Hamas pour reconstruire l’Autorité palestinienne. Les négociations et le Traité envisagé doivent inclure tous les partis, Hamas, Fatah et OLP. Le monde arabe – Arabie saoudite, Égypte, Jordanie et même la Syrie - a montré par sa présence à Annapolis tout son intérêt aux pourparlers de paix. « Soit le conflit est réglé, soit on tombe dans le chaos, » poursuit Hind Khoury. L’ombre de l’Iran, non invité à la conférence, plane en arrière plan. La représentante de l’Autorité palestinienne demande que, au delà des fonds importants qu’elle verse, l’Union européenne apporte un véritable soutien politique dont les Palestiniens ont tant besoin. L’Union européenne doit également s’assurer que ses investissements en Cisjordanie soient durables et non pas détruits comme ils l’ont été trop souvent auparavant. Ils n’ont pas d’autre choix que d’arriver à un accord, « c’est la dernière chance qui nous reste », conclut Hind Khoury.
Emmanuelle Dethomas
*Israël en état de choc, Frédéric Pons, Presses de la Cité, novembre 2007 |