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L’insertion en débat au Collège des Bernardins
mise en ligne : 29-09-2008

Inauguré le 4 septembre 2008 par Mgr Vingt-Trois, le Collège des Bernardins est né de la volonté de Mgr Lustiger de créer un lieu de recherche et de débat pour l’Église et la société dans son ensemble. Le premier séminaire le 8 octobre, portera sur l’insertion par l’emploi. "L’entreprise, acteur d’insertion : ouvrir des voies, redistribuer les rôles".

Les débats, colloques, séminaires et conférences programmés au Collège des Bernardins portent d’une manière générale sur la question de l’homme et de son avenir et invitent à réfléchir sur des thèmes spécifiques en lien avec la place de l’homme dans la société et sur les thématiques du monde contemporain.

L’originalité des séminaires du Collège des Bernardins tient dans leur préparation. Témoin, le premier séminaire, organisé le 8 octobre, avec le thème : "L’entreprise, acteur d’insertion : ouvrir des voies, redistribuer les rôles".

Un groupe constitué de personnes issues du monde de l’entreprise et d’associations a participé pendant une année à une réflexion sur des expériences originales d’intégration déjà menées et sur le rôle de l’entreprise comme acteur d’insertion. Cette somme de pratiques mais également de difficultés seront au cœur du débat pour tenter de trouver et d’apporter des solutions à l’exclusion.

Le point de vue de Jean Celier

Les « Maisons d’accueil l’Îlot », association d’insertion de plus de 100 salariés, ont pour vocation d’accueillir d’anciens détenus. Jean Celier, Secrétaire général du Collège des Bernardins, également président de l’Îlot, souligne l’importance de la coopération entre entreprises et associations pour leur insertion. 

Apporter des réponses concrètes

« Les personnes qui sortent de prison souhaitent avant tout pouvoir se poser, être écoutées, entendues et reconnues pour retrouver confiance en elles et renouer avec la société. Voulant être accompagnées sur le chemin de leur réinsertion, elles cherchent plus concrètement aussi à retrouver l’autonomie avec un logement et un emploi.

Les ateliers d’insertion de l’Îlot ne peuvent que préparer à l’emploi en assurant un accompagnement jusqu’à la porte de l’entreprise. Mais la phase ultime de l’embauche n’est pas de son ressort. C’est à l’entreprise qu’il revient de sélectionner, recruter et intégrer. Or justement, l’interface délicate entre l’entreprise et l’association, pose des questions fondamentales. Quelle légitimité ou quelle motivation pour l’entreprise de s’ouvrir au recrutement de personnes ayant fait l’objet de condamnations ? Quelles modalités pratiques mettre en place pour permettre cette insertion ? Quelles relations établir entre candidat, entreprise et association pour se connaître, adapter les circuits de recrutement et gérer la phase transitoire entre signature du contrat et intégration complète ?

Pour toutes ces raisons, nous sommes persuadés qu’il est nécessaire de multiplier les occasions de rencontres, de connaissance mutuelle et de recherche de voies d’efficacité entre associations d’insertion et entreprises engagées dans des  démarches d’accueil de personnes ayant dans leur cursus un "trou" dû à une peine d’emprisonnement.

Nous sommes aussi désireux d’échanger avec les entreprises qui n’ont pas fait ces choix. L’exclusion concerne tous les acteurs de notre société, le débat ne peut qu’être source d’enrichissement. Les entreprises et les associations, renforçant leurs modes de coopération, apporteront dans de multiples situations, des réponses concrètes et pragmatiques à l’attente de tant de personnes qui souhaitent simplement retrouver la place qui est la leur au sein de notre société. »

Emmanuelle Dethomas
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