En 2006, les Nations unies faisaient du 4 avril la Journée internationale pour la sensibilisation aux mines et l’assistance à la lutte anti-mines. Point sur les avancées et les attentes de cette lutte. Hassan (1) est un enfant libanais de 12 ans. À son retour dans son village, après le cessez-le-feu en août 2006, il remarque que l’oranger qui se trouve dans son jardin provoque une curiosité inhabituelle chez les enfants du hameau. Intrigué, il s’approche et découvre, niché dans les branches de l’arbre, un curieux objet. Hassan n’arrive pas à l’identifier : est-ce un jouet ou une ration alimentaire ? Lorsque l’objet explose en touchant le sol, Hassan sait qu’il s’est trompé. Ni un ballon, ni un jouet, ni de la nourriture, l’objet était une sous-munition qui lui a criblé le corps d’éclats de métal. Comme lui, Wahid l’Irakien, Adnan le Kosovar et Ali le Libanais ont été mutilés par des sous-munitions, mini-bombes non discriminantes qui provoquent des effets dramatiques sur les populations civiles pendant et après les guerres. Interdiction. Selon les statistiques de Handicap International, chaque année, plus de 500 personnes par mois sont victimes de mines, sous-munitions ou autres résidus explosifs de guerre. Aujourd’hui, on recense plus de 470 000 survivants, mutilés par ces armes. Entrave à la reconstruction et au développement durable, la présence de ces mines non explosées est un danger permanent pour les populations locales des 107 pays et territoires pollués. Depuis la Convention d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel, en 1997, des centaines de kilomètres carrés ont été déminés, et 63 millions de mines antipersonnel détruites. Contrairement aux mines antipersonnel, aucun traité d’interdiction n’existe pour les bombes à sous-munitions (Basm). « Aujourd’hui, le combat le plus important est l’interdiction totale de ces bombes qui polluent encore 29 pays », explique Benoît Muracciole, responsable de la campagne “Contrôlez les armes” à Amnesty International. En effet, 5 à 40 % des sous-munitions n’explosent pas à l’impact. Conscients de cette menace, 46 pays ont engagé, en février 2007 à Oslo, un processus visant à aboutir à un traité d’interdiction des Basm. Depuis, quatre conférences préparatoires ont eu lieu, dont la Conférence de Wellington qui a réuni 122 États, parmi lesquels 82 ont signé la déclaration. Le traité sera négocié du 19 au 30 mai prochains à Dublin et devrait être ratifié en fin d’année. Attentes. « La concertation entre les États et les organisations non gouvernementale (ONG) est une révolution, explique le responsable d’Amnesty International. Cependant, en faisant des traités pour chaque arme, nous risquons de faire des millions d’Ottawa et de perdre l’esprit d’efficacité. » Les ONG souhaitent voir naître un traité visant à interdire un type global d’armes non discriminantes et dont l’usage viole le droit international humanitaire. Malgré leur satisfaction de travailler en collaboration avec les États, les ONG voudraient également introduire dans leur cercle de concertation les industriels producteurs d’armes à sous-munitions. Pour que cesse la guerre après la guerre. Pour plus d’informations : www.sousmunitions.com
(1) Les chiffres et témoignages sont tirés des données d’Handicap International. Clémence Richard |