31 mai 2007 A l’occasion de la neuvième Commission Mixte Union Européenne – Communauté Andine des Nations (UE-CAN) qui s’est déroulée à La Paz (Bolivie) les 29 et 30 mai 2007, les organisations membres de la Coordination Française pour la Paix en Colombie (CFPC) ont adressé ce jour, un courrier à Bernard Kouchner, Ministre français des Affaires étrangères.
« Les Accords d’Association mis en œuvre par l’Union européenne reposent sur trois composantes : le dialogue politique, la coopération et le commerce. Nous saluons la volonté des gouvernements de promouvoir la démocratie, le développement durable et le respect mutuel dans le cadre des deux premiers axes de ces accords, écrivent-elles. (…).Toutefois, il nous semble important de veiller à ce que la négociation d’un accord commercial, dans le cadre de la troisième composante, soit conditionnée par le respect de la démocratie et des droits de l’Homme dans la région andine. En ce sens, nous sommes profondément préoccupés par la dégradation du climat social et politique en Colombie et par les conséquences que cette situation pourrait avoir sur la dynamique d’intégration régionale », souligne la CFPC.
Ainsi, les associations rappellent que : « la responsabilité de l’Etat colombien dans la création des groupes paramilitaires et la perpétration de crimes de lèse humanité a été dénoncée par les instances de droit international. Dans plusieurs arrêts, la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme a reconnu la responsabilité de l’Etat colombien dans la création et les agissements des groupes paramilitaires. En outre, la Cour a dénoncé la complicité et les connivences existant entre ces groupes armés illégaux et certains effectifs de l’armée et de la police, et la responsabilité de ces dernières dans la violation systématique des droits de l’Homme ».
Alors que la Colombie devrait présider la CAN à partir du 1er juillet 2007, « certains membres du Parlement Européen ont manifesté leur profonde préoccupation face à la dégradation des conditions de sécurité en Colombie (…), souligne la CFPC. Ils ont demandé à la Commission Européenne de « suspendre » le début des négociations, afin de ne pas risquer d’entreprendre un processus de négociation avec des hommes politiques et des chefs d’entreprise responsables de graves atteintes à la dignité humaine ».
Suite à cette initiative, les associations demandent à Bernard Kouchner “ d’intervenir auprès de l’Union européenne et de ses Etats membres pour que la conclusion d’accords d’association, notamment en matière commerciale, entre l’Union européenne et la Communauté andine des nations soit conditionnée à la protection des droits de l’Homme et au respect de l’Etat de droit dans la région andine ”. Elles souhaitent également “ la participation de la société civile dans le cadre du processus de négociation entre gouvernements, afin de garantir la transparence des accords, le dialogue et la concertation avec les sociétés européennes et latino-américaines ”.
(1) La CFPC rassemble neuf organisations engagées en faveur de la paix en Colombie : Secours Catholique – Caritas France, Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, Fédération Internationale des Droits de l’Homme / Ligue Française des Droits de l’Homme, Terre des Hommes France, Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, Pax Christi France, France Libertés, Ecole de la Paix, Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme. La Confédération Générale du Travail, les Brigades de Paix Internationales France et la Section Française d’Amnesty International sont observateurs et s'associent ponctuellement à certaines actions de la CFPC. |