« Pour la deuxième année consécutive, Adrien, 7 ans, a partagé nos vacances d’été. L’expérience de la première année avait été difficile car nous nous étions heurtés à la jalousie de notre fils, Bertrand, 6 ans, qui nous exprimait que celui-ci n’était pas son copain. Bien que ce projet ait été discuté avec lui auparavant, la réalité était tout autre chose. Nous avons malgré tout poursuivi la relation tout au long de l’année, par l'organisation de quelques week-end et les liens, progressivement, se sont tissés.
Adrien est devenu le copain de Bertrand et, l’été dernier, la magie a opéré : là, sur le bord de la plage ou sur la balançoire, nous les voyions heureux et complices. Adrien, à l’aise comme un poisson dans l’eau, entraîne Bertrand dans son sillage, et réciproquement, Bertrand, plus posé, l’amène à se concentrer sur des jeux de société. Cet hiver, ils ont partagé leur découverte du ski et leur fierté d’obtenir le flocon. Par ailleurs Adrien, qui éprouve quelques difficultés en CP, prend confiance en montrant sa connaissance de la lecture à Bertrand et en lui transmettant ses acquis.
Nous avons été surpris de constater la facilité d’adaptation d’Adrien à notre mode de vie, sa bonne volonté à se mettre à l’écoute et son besoin de reconnaissance, d’affection. Nous espérons pouvoir lui apporter un repère, une structure au-delà des bons souvenirs de vacances qui sont déjà bien présents, et qu’il se fait un plaisir de raconter à ses parents, frères et sœurs.
Bertrand lui, au-delà de la prise de conscience d’un autre monde, côtoie cette différence et son injustice. Et nous, nous avons le sentiment d’être en phase avec nos convictions : le désœuvrement des jeunes n’est pas une fatalité et la pierre n’est pas à jeter aux parents ou au gouvernement ; nous avons tous quelque chose à leur transmettre. Et, plus simplement : Adrien est très attachant ! » |