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«Nous faisons de notre mieux pour surmonter les difficultés»
mise en ligne : 30-03-2007

Trois mois après la reprise du camp de Milé par le SECADEV, Kalid Abakar, manager du camp, constate que les problèmes liés à la gestion du personnel et à la méfiance des réfugiés vis-à-vis des agents du SECADEV s’estompent.

Vous avez débuté au camp de Milé avec un personnel issu de Kounougou, de Farchana et d’anciens de l’ONG Care. Etes vous parvenu à l’unité pour pouvoir mener à bien vos activités ?

Elle ne fait pas l’unanimité à cent pour cent. Mais en qualité d’ancien du SECADEV depuis près de 20 ans, j’ai la confiance de mes collègues de Kounoungou avec qui nous travaillons depuis que le camp est installé. J’avais aussi de nombreux échanges avec ceux de Farchana. Il n’y a donc aucun problème puisque nous fonctionnons de la même manière. Les problèmes se posaient plutôt du côté de nos collègues qui travaillaient avec le gestionnaire précédant de CARE. Ils avaient des préjugés sur les salaires du SECADEV et il a fallu leur expliquer le contenu du budget alloué par le HCR pour qu’ils se rallient à nos positions. Concernant le travail en lui-même, de nombreux ajustements restent à faire. Au secteur sociocommunautaire, par exemple, ils sont habitués à recenser les naissances et les décès puis à apporter l’assistance. Or, à Kounoungou, au-delà de cet aspect, les agents font chaque jour de la sensibilisation dans les ménages, ils identifient les cas de personnes vulnérables et les besoins spécifiques, en somme le suivi régulier des familles au camp. Je crois qu’ils s’habituent peu à peu au changement. Nous faisons de notre mieux pour surmonter, ensemble, toutes les difficultés.

Comment les réfugiés vous ont-ils accueillis ?

Tout changement suscite quelques réticences. Nous gagnons progressivement leur confiance. Nous constatons quelques mécontentements de la part des enseignants qui boudent la prime de 25.000 FCFA qui leur est accordée mensuellement, contre 35 000 précédemment. Mais grâce à la sensibilisation que nous menons avec le concours du HCR, ils comprennent aussi que tout est fonction du budget en cours.

Se pose également le problème des infrastructures, comment l’avez-vous résolu ?

CARE avait fait de salles de classe en bâches qu’il faut de remplacer parce qu’elles ne résistent pas à la chaleur et au vent. Cela engage beaucoup de moyens que les contraintes budgétaires de cette année rendent impossibles. Pour le moment les élèves sont sous des hangars sans clôture et sous les arbres. Nous avons le projet de construire les murs avec le concours des réfugiés qui vont fabriquer les briques. Le site pour la fabrication de ces briques est d’ores et déjà choisi. Les maçons sont aussi identifiés parmi les réfugiés et il ne reste plus qu’à mettre à leur disposition les kits de constructions qui ne tarderont pas à venir.

Qu’en est-il des distributions ?

Nous avions déjà fait trois distributions à Milé. La première, en janvier, a été difficile en raison des fraudes que nous n’avions pas décelées et des cas de cartes litigieuses. En février, l’expérience aidant, nous avons amélioré la dernière distribution et tout s’est normalement passé.

A terme de sécurité Kounoungou a enregistré de nombreux cas de violence cette année. Qu’en est-il de Milé ?

A Milé comparativement à Kounoungou, nous n’avons pas connu d’incidents majeurs. Cependant, les femmes continuent à être victimes de viols et d’agressions en dehors du camp, lorsqu’elles partent chercher les bois de chauffe. A Kounoungou, ce sont les ex-rebelles du FUC, des Tamas, qui entrent au camp en armes pour rendre visite à leurs parents. Cela occasionne souvent des violences avec des réfugiés d’autres ethnies… A Milé, plus de 80% des réfugiés sont Zaghawas, ce qui limite notablement les problèmes ethniques, et garanti donc un peu plus de calme et de sécurité dans le camp.

Propos recueillis par Justin N’Gomita






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