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Entretien avec Bernard DUTOIT, un agriculteur solidaire
mise en ligne : 10-08-2007

Bernard, agriculteur gersois de 70 ans, est récemment parti pendant 9 jours avec Voyages Développement et Solidarité (VDS) à la rencontre de ses acolytes béninois. Pour le Secours Catholique Caritas France, il témoigne.

Pourquoi avoir choisi le tourisme solidaire ?

Depuis 15 ans, je vais chaque année au Bénin en mission de développement car je suis un des responsables de l’association Agriculteurs Français et Développement International (AFDI). Nous travaillons en collaboration avec des agriculteurs béninois de manière à partager nos savoir-faire et nous vivons là-bas comme des volontaires. J’ai eu envie de savoir comment c’était d’être du côté du touriste et suis donc parti avec VDS.

Pour vous, quelle est la différence principale entre le volontariat et le tourisme solidaire ?

Ce qui change fondamentalement, c’est que nous n’avons pas besoin de nous occuper de quoi que ce soit et que nous avons droit à un certain confort qu’on trouve rarement en volontariat. Nous avons été logés à l’Hôtel Ahémé dans des chambres individuelles. Et puis, nous étions avec d’autres voyageurs ; c’était un aspect très enrichissant de mon voyage car je pouvais partager avec des personnes qui avaient une même idée de l’éthique que moi. Et évidement, la différence principale est que le tourisme solidaire c’est, comme son nom l’indique, du tourisme. Nous avons suivi un véritable programme touristique : visite des groupements féminins dans la cité lacustre de Ganvié au Sud Ouest du Bénin, découverte de la pêcherie, tour du lac d’Ahémé ou encore visite de la porte des esclaves à Ouidah dans le Sud du Bénin. Nous avons aussi pu assister à une cérémonie vaudou car le Bénin est le berceau de cette croyance.

Quel a été le côté solidaire de votre voyage ?

10% du prix de notre séjour a été reversé à des actions de solidarité internationale. L’objectif final est d’agrandir la ferme d’Ahémé, village où nous avons passé notre séjour et d’augmenter la capacité d’accueil du centre nutritionnel créé par François Houessou, le fondateur de l’hôtel dans lequel nous avons logé.

Le tourisme solidaire est parfois taxé de voyeurisme à cause de la proximité qu’il développe entre les voyageurs et la population dont ils viennent partager la vie. Etes-vous d’accord avec cette opinion ?
A partir du moment où cette proximité est voulue par les habitants locaux, on rentre dans le développement et non pas dans le voyeurisme. Il ne faut surtout pas oublier que ça n’est pas nous, occidentaux, qui imposons un type de tourisme avec ce mode de voyage. Nous sommes juste présents pour faire comprendre aux populations locales que leur pays a de vraies valeurs touristiques.

Est-ce que le voyage s’arrête, une fois rentré en France ?

Bien sûr que non. Au contraire, il continue grâce aux contacts réguliers que je maintiens d’une part avec les autres voyageurs mais aussi avec les agriculteurs béninois rencontrés au cours de la visite de la ferme expérimentale d’Ahémé. Ils sont venus en France pour observer notre savoir-faire en matière de foie gras et à partir de là, ils ont décidé de ce qu’ils avaient envie de développer en terme d’agriculture.

Qu’est ce que ce voyage vous a apporté ?

On ne peut pas revenir inchangé d’un tel voyage. Cela nous ouvre les yeux sur le monde et nous oblige à réfléchir. Partir de cette manière m’a conforté dans mes idées et sur ce que j’imaginais à propos de l’avenir du développement du Bénin. Je souhaite continuer longtemps à m’engager pour le développement de ce pays.

Propos recueillis par Clémence Richard

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crédit : Double Sens


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