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Interview - Étienne Pinte : « Un dialogue concerté »
mise en ligne : 21-01-2008

Étienne Pinte, député des Yvelines, chargé de préparer, pour le Premier ministre, un rapport exhaustif et chiffré sur la base des engagements proposés par les associations.

Après une période de crise, associations et gouvernement sont de nouveau autour d’une même table. Assiste-t-on à un tournant, un changement de méthode ?

ll y a eu un changement très net avec l’intervention du Premier ministre. Le fait qu’il prenne en main ce sujet signifie clairement que les problèmes liés au logement sont devenus un enjeu national.
Le fait qu’il opte pour cette discussion concertée est un signe très fort vis-à-vis de la problématique logement hébergement, des bailleurs sociaux, des associations et des grandes administrations. Le logement est désormais inscrit au rang de politique publique prioritaire. C’est un changement de méthode aussi dans le fait de désigner un parlementaire pour assurer une concertation avec toutes les associations et les collectivités territoriales.

Quel regard portez-vous sur les treize engagements élaborés par les associations. Est-ce une avancée ? 

 Elles constituent une base solide. Je vais réunir ces mesures sous des grands thèmes mobilisateurs auxquels nous apporterons des éléments complémentaires. Nous avons encore besoin d’éclaircissements sur le nombre de logements sociaux qui sont du ressort des collectivités et quantifier les besoins en terme de réhabilitation.

Êtes-vous aujourd’hui en mesure d’établir un budget précis pour la mise en œuvre d’une politique logement ?

Je suis actuellement en train de prévoir les modes de financements nécessaires pour traiter les problèmes auxquels nous devons faire face. Je pense que nous devrons envisager une ligne budgétaire en deux temps. La première phase pour traiter les problèmes au fur et à mesure et une autre qui serait actualisée en fonction des besoins.

Prendre des décisions, comme l’application de la loi SRU au moment des municipales et cantonales ne risque-t-il pas d’être délicat ?

La réalité, c’est que 85 % des Français sont concernés par le logement et les problèmes qui s’y rattachent. Les maires vont devoir s’engager sur la notion d’insuffisance qualitative et quantitative en matière de logement social. Une grande majorité de maires est concernée. À chacun, avec pédagogie et intelligence, de prendre ses responsabilités. Personne ne peut se permettre dans ce domaine d’adopter la politique de l’autruche. Si les maires n’abordent pas le problème, leurs citoyens le feront. Ils auront raison d’exiger un contrat de confiance.

Propos recueillis par Véronique Linarès

crédit : DR
Etienne Pinte


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