Patrick FLICOTEAUX, bénévole à la Direction des Actions internationales, est parti en tant que chargé de mission volontaire du Secours Catholique, en compagnie de Jocelyn Duval, technicien de Véolia Eau, dans le cadre d’un partenariat établi dans l’urgence au lendemain de la catastrophe entre l’entreprise Véolia et le Secours Catholique. Leur mission consistait à installer deux usines mobiles de traitement et de purification d’eau, capables de fournir chacune jusqu’à 5000 litres d’eau potable à l’heure. Ces deux usines sont parties par le vol humanitaire affrété par le Ministère des Affaires étrangères le 12 octobre, tandis qu’eux-mêmes, faute de places disponibles, ils n’ont pu rejoindre le Pakistan que le 16 octobre, soit une semaine après le tremblement de terre. Une fois sur place à Islamabad, comment avez-vous pu acheminer les deux usines vers un lieu qui vous était encore inconnu, dans le désordre qu’on imagine après une telle catastrophe ? Il est vrai que avons rencontré de nombreuses difficultés : hébergement et nourriture n’ont été résolus que grâce à l’antenne chirurgicale aéroportée du Colonel Roussaly installée avec le Samu à Muzafferrabad, la capitale du Cachemire. Nous avons pu constater leur mérite en acceptant un hébergement sous tente et leurs rations ! Ajoutées aux difficultés de transport, de logistique, nous nous sommes heurtés au manque de coordination entre ONG, pour trouver un moyen de convoyer notre matériel à l’endroit où il pouvait être le plus utile. C’est encore grâce à l’Ambassade de France et aux militaires français, puis à l’Unicef que nous avons pu les résoudre. Après contacts avec différents organismes de l’ONU et une évaluation des besoins, l’Unicef et les autorités locales nous ont proposé d’ouvrir et d’alimenter en eau un camp de regroupement de rescapés, agréé par le gouvernement, qui devait accueillir sous tentes plus de 600 familles, soit près de 4500 personnes. C’est le camp de Thurri, idéalement situé sur les rives de la Jhelum dans un site montagneux, distant de quelques km uniquement du centre ville de Muzafferrabad, où s’entassent dans une trentaine de camps de fortune des dizaines de milliers de rescapés qui y survivent dans des conditions de promiscuité et d’hygiène le plus souvent déplorables.
Il est vrai que avons rencontré de nombreuses difficultés : hébergement et nourriture n’ont été résolus que grâce à l’antenne chirurgicale aéroportée du Colonel Roussaly installée avec le Samu à Muzafferrabad, la capitale du Cachemire. Nous avons pu constater leur mérite en acceptant un hébergement sous tente et leurs rations ! Ajoutées aux difficultés de transport, de logistique, nous nous sommes heurtés au manque de coordination entre ONG, pour trouver un moyen de convoyer notre matériel à l’endroit où il pouvait être le plus utile. C’est encore grâce à l’Ambassade de France et aux militaires français, puis à l’Unicef que nous avons pu les résoudre. Après contacts avec différents organismes de l’ONU et une évaluation des besoins, l’Unicef et les autorités locales nous ont proposé d’ouvrir et d’alimenter en eau un camp de regroupement de rescapés, agréé par le gouvernement, qui devait accueillir sous tentes plus de 600 familles, soit près de 4500 personnes. C’est le camp de Thurri, idéalement situé sur les rives de la Jhelum dans un site montagneux, distant de quelques km uniquement du centre ville de Muzafferrabad, où s’entassent dans une trentaine de camps de fortune des dizaines de milliers de rescapés qui y survivent dans des conditions de promiscuité et d’hygiène le plus souvent déplorables. Qui a la responsabilité de la gestion du camp de Thurri ? Comment vous êtes-vous intégrés au dispositif mis en place par le gouvernement pakistanais ? Thurri est géré par l’Al Mustapha Welfare Association, financée par un Fonds d’urgence britannique, la Human Relief Foundation. Nous avons été très bien accueillis par eux et nous avons pu entreprendre des démarches communes et répétées, auprès des organisations internationales et des pouvoirs publics pour obtenir davantage de tentes, l’installation de l’électricité dans toutes les tentes, le forage et l’installation avec l’aide de l’OXFAM d’une première soixantaine de fosses à 1,5m de profondeur pour les latrines, l’obtention de matériel scolaire pour l’ouverture d’une école, la fourniture de médicaments pour l’ouverture d’un dispensaire, l’envoi de camions de paille pour adoucir et réchauffer le sol des tentes à défaut de pouvoir trouver des matelas ! Nous avons pu mettre en marche les stations le 27 octobre. Le système pompe directement l’eau de la rivière, et après un traitement complet qui en assure la qualité, l’eau est distribuée par deux rampes de 12 robinets chacune. Un technicien local en cours de formation, en assurera l’entretien, d’autant que fort de la réussite de cette installation, Véolia a décidé d’envoyer deux nouvelles stations plus performantes qui remplaceront celles envoyées en urgences.
On parle de centaines de milliers de déplacés. Quelles sont leurs conditions de survie ? Leur situation devient critique à l’approche de l’hiver. 56% de la population de cette zone montagneuse a été affectée par le tremblement de terre. Le Pakistan vient de lancer un appel solennel à l’aide internationale, faute de quoi, il y aura d’ici la fin de l’hiver encore deux fois plus de morts de froid, de faim ou de maladies que n’en avait déjà fait le tremblement de terre. Quant au problème de l’eau, des cas de diarrhées aigues ont été recensés. Ma seule satisfaction c’est d’être sûr que les gens du camp Thurri sont à l’abri de ce genre d’épidémies signalées par l’OMS tout dernièrement. Du reste, le succès de cette installation a eu le mérite d’attirer l’attention du gouvernement, et à l’occasion de l’Aïd, la fête de fin du ramadan, le Président pakistanais, le Général Pervez Musharaf a visité Thurri. La situation sur place reste très préoccupante à l’approche de l’hiver, et si le monde ne se mobilise pas, on risque une nouvelle catastrophe humanitaire.
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